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Poursuivi pour « outrage et rébellion » le journaliste militant Taha Bouhafs porte plainte pour « violences volontaires »

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Le journaliste militant Taha Bouhafs connu pour avoir filmé Alexandre Benalla en train de malmener un couple, place de la Contrescarpe à Paris, le 1er mai 2018, sera jugé pour « outrage et rébellion » en 2020.

En effet, le jeune journaliste a été interpellé mardi 11 juin alors qu’il effectuait un reportage dans le Val-de-Marne, à Alfortville, devant le centre Chronopost où été organisée une manifestation de soutien aux sans-papiers. Le journaliste de 21 ans est libéré de sa garde à vue le 12 juin en fin d’après-midi. 

Dans le détail, selon l’Express c’est aux alentours de 17 h 30, le 11 juin, que le rassemblement, d’abord calme, aurait pris une tournure plus « musclée ». Taha Bouhafs, qui se serait interposé entre des policiers et des « gamins virulents », a alors été arrêté « pour outrage et rébellion », aux côtés de Christian Schweyer, porte-parole du Collectif des travailleurs de sans-papiers de Vitry.

De son côté, le journaliste a porté plainte pour violences volontaires commises par personnes dépositaires de l’autorité publique. Son avocat, Me Arié Alimi, a fait savoir « outre des blessures plus superficielles, les violences causées par les fonctionnaires de police au cours de l’interpellation ont causé un déboîtement de l’épaule gauche de M. Bouhafs ». Le journaliste a également confirmé à l’Express : « la plainte a été déposée pour violences par mon avocat. J’ai 10 jours d’ITT [incapacité totale de travail] et trois semaines d’arrêt. Aujourd’hui, j’ai encore mal».  Dans une vidéo publié après sa sortie de garde à vue Bouhafs déclare « je ne sais pas dans quelle mesure, quand on est journaliste aujourd’hui on peut se faire confisquer son outil de travail, et on peut se retrouver aujourd’hui sans téléphone, une demi-épaule en moins, alors que je suis juste parti comme tout le monde faire mon boulot ».  

À L’Express, Taha Bouhafs explique que ce téléphone est bien le même qui lui a servi à filmer les violences d’Alexandre Benalla, « c’est une violation directe du secret des sources, déplore-t-il. Je suis connecté sur tous mes réseaux sociaux sur ce téléphone. Je ne peux pas m’en déconnecter, car j’ai une authentification à double facteur, qui nécessite un code envoyé… sur mon téléphone portable. Il n’y a pas de justification pour cette confiscation. Il faut absolument que je le récupère, car c’est mon outil de travail ».

L’avocat du journaliste s’est aussi insurgé contre la mise sous scellés du téléphone portable avec lequel son client avait filmé son arrestation. Dans un communiqué, le site d’informations Là-bas si j’y suis, pour lequel travaille M. Bouhafs, a dénoncé une « interpellation abusive ».

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