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Affaire Benalla : la journaliste du Monde oppose à la DGSI la protection des sources

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Ariane Chemin,  grand reporter du Monde et révélatrice de l’affaire « Benalla » ; a été entendue ce mercredi par  direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ; dans le cadre d’une enquête pour « révélation de l’identité d’un membre des forces spéciales » ; après la plainte d’un ancien membre de l’une de ces unités. La journaliste a fait valoir la protection des sources et contesté toute « faute ».

En effet, la journaliste a indiqué n’avoir fait « que son travail » dans une enquête publiée le 8 février ; sur l’affaire Benalla. Et a rappelé que la loi sur la presse garantissait le secret des sources des journalistes. L’interrogatoire selon le Monde qui a duré prés de 45 minutes ; une audition libre, qui permet de garder le silence et de partir à tout moment ; s’est en effet déroulée au quatrième sous-sol des locaux de la DGSI.

En effet, dans une déclaration à l’AFP la journaliste a fait savoir « je leur ai expliqué que je n’avais fait que mon travail de journaliste et j’ai fait valoir l’article 2 de la loi de 1881 » ; qui dispose que « le secret des sources des journalistes est protégé dans l’exercice de leur mission d’information du public ».

« Ils m’ont posé beaucoup de questions sur la manière dont j’avais vérifié mes informations, façon indirecte de m’interroger sur mes sources », a-t-elle regretté.  A cet effet, journaliste du Monde a ajouté « on se retrouve dans des locaux où sont interrogées les personnes pour terrorisme, on nous fait comprendre que c’est grave, qu’on a commis une faute lourde, et très clairement qu’on est là en tant que suspects ».

la journaliste du Monde dans les locaux de la DGSI

Toujours selon le Monde ; la policière de la DGSI aurait demandé à la journaliste du Monde : « vous avez conscience que vous n’êtes pas là pour un article sur l’affaire Benalla ? ». Ariane Chemin a refusé de répondre – l’article était titré :« Affaire Benalla : Matignon tente de circonscrire l’incendie ».

Il faisait état de la démission de la chef de la sécurité de Matignon, dont le compagnon, Chokri Wakrim ; un proche d’Alexandre Benalla et sous-officier de l’armée de l’air ; venait d’être suspendue par le ministère des armées et mis en cause dans une affaire de corruption avec un oligarque russe – c’est lui qui a porté plainte.

La policière a demandé à plusieurs reprises si la journaliste avait vérifié ses informations ; auprès de qui et par quels moyens. Toutefois, Ariane Chemin a souhaité garder le silence, « parce que c’était une manière indirecte de porter atteinte au secret des sources ». L’audition s’est close sur une note ironique de la policière, soulignant la vivacité de la réaction du journal juste après la convocation à la DGSI ; le directeur de la rédaction a en effet signé le 22 mai un billet sur cette« inquiétante convocation » ; alors que sept autres journalistes d’autres médias ont été convoqués par ailleurs, par le service de renseignement.

Il est à souligner par ailleurs, que Ces convocations interviennent après celles de sept autres journalistes du site Disclose ; de Radio France et de l’émission « Quotidien » de TMC ; poursuivis pour violation du secret-défense, et ayant pour point commun d’avoir enquêté sur l’utilisation d’armes françaises au Yémen.

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