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La place des médias dans la promotion des activités touristiques

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Nous rapportons ci-dessous, la communication de Madjid Bekkouche, journaliste et ancien professeur de journalisme, qu’il a partagé avec ses confrères lors des 4es Journées du Marketing hôtelier organisées à l’hôtel El Aurassi .

” La littérature médiatique comme la littérature tout court, n’a pas d’objet. Cette absence d’un objet d’intérêt précis donne au journalisme une marge professionnelle qui a pour dimension le monde. Pourtant, malgré cette ouverture universelle sur le monde, voire l’univers, le journaliste demeure tout de même focalisé sur une dimension qui a de tout temps conféré à ce métier une place importante : la dimension humaine.

Tout ce qui touche à l’humain, aux activités, aux interactions humaines, qu’elles soient sociales, économiques, politiques, cultuelles, est une affaire de journaliste.

Du suivi attentif et sympathique d’une activité qui intéresse ou qu’on souhaite faire connaître au public, en passant par les dénonciations d’anomalies, de carences et autres gabegies, jusqu’aux faits divers qui défraient la chronique et secouent la scène sociale, tout est objet de curiosité journalistique, lorgné à la loupe, scruté pour être décrit, analysé pour être décrié ou au contraire cité en exemple pour les qualités ou les mérites qu’on lui reconnaît.

Le journaliste chez nous est généralement un généraliste qui s’en va fureter, au gré de sa curiosité et de l’intérêt public, dans tel ou tel autre secteur afin d’éclairer l’opinion sur des faits ou des méfaits, donnant à voir, à travers le regard du journaliste non spécialisé, plus ou moins averti, une réalité dont il est, par devant l’opinion publique, le traducteur essentiel.

C’est pour cette raison, qui est au demeurant suffisante, que le besoin se fait pressant, d’une part d’une presse spécialisée qui puisse être identifiée comme étant propre à certains secteurs d’activités, et d’autre part, des journalistes spécialistes de leurs domaines, formés pour être en mesure de comprendre, d’identifier, d’analyser, de critiquer et de vulgariser l’objet de leur intérêt.

En tant qu’activité de services, l’industrie touristique n’est pas en reste et sa complexité actuelle en fait un secteur qui a besoin, qu’il s’agisse de presse, de médias ou de journalistes, de ses spécialistes et ses connaisseurs qui soient à même de le porter pour le rendre visible, le rendre crédible, le rendre meilleur en le poussant à se remettre en question, en l’incitant à se surpasser pour être, d’une part à la hauteur des attentes d’un public de plus en plus exigeant, dans un rapport rigoureux de qualité/prix et, d’autre part, pour être le farouche concurrent des secteurs touristiques des autres pays à l’échelle régionale et dans le monde.

Quelles passerelles existe-t-il aujourd’hui entre le monde médiatique et le tourisme ? Celle déployée par les pouvoirs publics pour décliner la stratégie de développement du secteur et pour mettre en exergue les réalisations concrétisées, au fur et à mesure des efforts et des dépenses publiques, ont eu le mérite de mettre en exergue les efforts structurants consentis ces dernières années pour créer les conditions d’émergence d’une véritable industrie touristique dans notre pays.

Celles que jettent, de temps à autres, les opérateurs du secteur pour impliquer les médias dans la dynamisation de l’activité et la promotion de la destination locale demeurent épisodiques et intéressées, se bornant aux campagnes estivales en vue de chiffres d’affaires ne dépassant pas les limites de la saison, parfois pensées en vase-clos sans prise en compte des atouts et des avancées de la concurrence.

De leur côté, les médias assument-ils pleinement la responsabilité qu’ils doivent au grand public de le tenir minutieusement informé de ce qui se passe et advient dans le secteur touristique, en matière d’hôtellerie, de divertissement, d’espaces de plaisance, d’offres promotionnelles et bien d’autres informations autrement plus édifiantes concernant l’activité touristique et tout ce qui en découle comme services ? Si c’est relativement le cas, et certainement pas assez, les écrits et autres travaux audiovisuels sont-ils à la hauteur de l’exigence de précision s’agissant des standards en présence en comparaison avec les standards de référence, s’agissant aussi de la capacité à juger de la justesse des prix dans leur relation avec l’offre proposée ?

Cette relation schématique à l’activité touristique dans sa confrontation dynamique avec les médias n’est que le premier regard que l’on peut porter sur ce qu’il est permis d’appeler entre guillemets, bien sûr, «le chantier de la rubrique touristique dans les productions médiatiques.»

Faut-il préciser, à travers cette prise de parole, que le regard critique porté ici se veut constructif, et surtout constructif de cette relation tant attendue, qui aille au-delà du factuel, entre tourisme et médias. Pourquoi une attente de cette dimension ?

Nous sommes ici en train de parler de marketing hôtelier, alors que mon propos survole cette question pour s’intéresser à l’ensemble du secteur touristique dans la part qui me semble être essentielle et inaugurale même à l’amont de toute démarche marketing singulière, et il s’agit, bien entendu, du pacte de visibilité, de transparence et de lisibilité via les médias entre le grand public, ces millions de touristes et clients potentiels, et les acteurs du secteur touristique.

C’est dans ce sens que l’écriture journalistique sur le tourisme doit cesser d’être une pratique saisonnière et de dilettante, pour devenir un exercice professionnel structurel, de toutes les saisons, et c’est la moindre des postures à avoir vis-à-vis d’un secteur aussi prometteur, connu pour être fortement créateur de richesses et d’emplois et porteur à terme de la promesse si alléchante de sédentariser dans notre pays quelques millions de touristes supplémentaires, mais aussi d’en attirer des millions d’autres du monde entier.

Je parlais tantôt de chantier de la rubrique touristique dans les médias algériens, que n’ai-je dit tout autant des rubriques nationales et culturelles qui n’ont pas encore acquis cette passion marketing tellement viscérale chez beaucoup d’Algériens de vouloir vendre la destination Algérie. Une destination aux atouts innombrables, autant que ces atouts liés, désormais, à l’offre hôtelière et globalement touristique, qui a connu un saut qualitatif remarquable ces dernières années.

Le marketing et la publicité qui en découle ne sont certainement pas suffisants pour fonder la fortune d’un secteur en devenir. Ils n’ont pas la force d’un témoignage journalistique ni ne peuvent surmonter les perceptions du grand public, et ils ne peuvent, du fait de leur nature promotionnelle, produire un effet incitatif au changement comme peut le faire, à juste raison, un article critique, mais constructif.

On le voit, les offres touristiques qui existent sur le net, se confrontent entre elles sur le terrain des atouts et des faiblesses et c’est sur la balance comparative entre les atouts des uns et les faiblesses des autres que se prennent les options et que se font les choix des touristes. Construire une relation de ce genre avec les médias en Algérie, tout en veillant à la formation la plus large possible des journalistes au monde touristique et hôtelier, nous semble être une démarche qui vaut bien son pesant de touristes.

Je n’oublie pas de préciser, par ailleurs, que le journaliste a également un rôle éminemment pédagogique non seulement vis-à-vis du touriste potentiel, mais aussi vis-à-vis du simple citoyen qui constitue, par ses activités humaines, l’environnement du touriste et qui est, par la manifestation de ses valeurs sociales, de sa culture, de sa courtoisie et de son hospitalité, un atout primordial et le vecteur d’une qualité de vie touristique hautement différentielle.

L’immense territoire qui est le nôtre, sa diversité, la diversité de ses climats, de ses cultures, de ses folklores, de ses paysages, de ses populations, de leurs usages, de ses vestiges d’une histoire récente et d’une autre plus ancienne, de ses légendes, de ses mythes, de ses histoires chantées en poésie, de ses secrets culinaires, de ses costumes, de ses sursauts révolutionnaires qui ont marqué la modernité et dont le souvenirs parle encore aux hommes… Sont là autant de produits culturels que les journalistes et les opérateurs touristiques peuvent agréger, ensemble, dans le cadre d’une relation professionnelle mutuellement bénéfique et, certainement, profitable au secteur touristique algérien qui a tout pour prévaloir dans la région méditerranéenne.

Alors, faisons du journaliste, à force de formation et d’information, un touriste averti qui sache porter la parole utile à la grande population de touristes que sont nos concitoyens. Et au lieu de promotion saisonnière seulement, adjoignons y une pédagogie professionnelle rigoureusement argumentée qui éduque le consommateur du produit touristique et soumette son libre-arbitre aux multiples choix dont le moindre des effets est de pousser les plus mauvais du secteur à s’améliorer pour survivre et les meilleurs à se surpasser pour prévaloir.

Les modèles de réussite touristique dans le monde démontrent bien que c’est d’abord une affaire de communication et de circulation efficace de l’information et une affaire aussi d’image qu’il convient, parallèlement à toute publicité, de construire et d’entretenir avec les acteurs médiatiques qui ont un contrat de confiance avec le grand public. Car, il est évident que le journaliste, devenu entre temps un touriste avisé, n’acceptera de promouvoir que ce qui est bon.”

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